Les préjugés
Parlons-en.
Un préjugé, c'est un jugement tout fait qu'on porte sur quelqu'un sans vraiment le connaître. En santé mentale, ces jugements font mal, et ils sont partout. On appelle ce phénomène la stigmatisation (ou stigma).
L'Organisation mondiale de la Santé le décrit simplement : la stigmatisation, c'est quand un trait d'une personne ou d'un groupe est vu de façon négative, avec jugement.
Elle prend quatre visages.
Les 4 visages de la stigmatisation
-

Auto-stigmatisation
Quand on la retourne contre soi
On finit par croire les jugements des autres. On se dit : « Si je ne vais pas bien, c'est que je suis faible » ou encore « C'est de ma faute ».
-

Stigmatisation par association
Quand elle touche les proches
On juge aussi les personnes autour : la famille, les amis, et même le personnel soignant, simplement parce qu'ils côtoient une personne vivant avec un trouble.
-

Stigmatisation publique
Quand la société entière la véhicule
Ce sont les idées reçues largement répandues. Elles se nourrissent de trois choses : la mésinformation, soit de fausses informations qui circulent sans mauvaise intention (à distinguer de la désinformation, elle, volontaire) ; le préjudice, soit le tort causé à quelqu'un ; la discrimination, le fait de traiter quelqu'un moins bien à cause de ce qu'il est, ce qui l'empêche d'exercer ses droits.
-

Discrimination structurelle
Quand elle est inscrite dans le système
Ce sont les injustices à grande échelle : lois inéquitables, politiques injustes, manque de financement pour la santé mentale.
La stigmatisation en santé mentale
Selon l’OMS, la stigmatisation survient lorsqu’un trait particulier d’une personne ou d’un groupe est perçu de manière non favorable, avec jugement.
Selon la Lancet Commission on Ending Stigma and Discrimination in Mental Health, on distingue quatre types principaux de stigmatisation :
➥ L’auto-stigmatisation : lorsqu’une personne intériorise les jugements ou préjugés des autres. Par exemple : « Si je ne vais pas bien, c’est parce que je suis faible » ou encore « C’est de ma faute si je suis malade ».
➥ La stigmatisation par association : lorsqu’une personne est perçue négativement ou traitée injustement en raison de sa relation avec une personne issue d’un groupe stigmatisé, comme quelqu’un ayant un trouble de santé mentale. Cela peut concerner des proches (famille, amis), mais aussi le personnel travaillant dans les centres ou hôpitaux de santé mentale.
➥ La stigmatisation publique : elle désigne les attitudes, croyances et comportements négatifs largement répandus dans la société à l’égard des personnes ayant des troubles de santé mentale.
Mésinformation : propagation involontaire d’informations incorrectes (Versus la Désinformation : transmission intentionnelle d'informations fausses, biaisées ou manipulées dans le but d’influencer l’opinion publique).
Préjudice : dommage causé à autrui, qu’il soit volontaire ou non.
Discrimination : traitement différencié envers une personne en raison de ses caractéristiques personnelles, qui a pour effet de limiter ou d’empêcher l’exercice de ses droits (exclusion, préférence injustifiée, etc.).
➥ La discrimination structurelle : elle fait référence à des injustices à grande échelle, comme des lois discriminatoires, des politiques inéquitables, ou un financement insuffisant alloué à la santé mentale.
Notre projet vise principalement la stigmatisation publique, mais il agit également sur les autres formes :
Auto-stigmatisation : à travers vos témoignages et notre message de sensibilisation.
Stigmatisation par association : grâce à la participation de la Fondation Sashbear, qui soutient les proches des personnes vivant avec des troubles mentaux.
Discrimination structurelle : en soulignant les inégalités systémiques dans le domaine de la santé mentale.
Mosaic toolkit to end stigma and discrimination in mental health, © World Health Organization 2024